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Certeau – identité et diversité, culture, dans les 80s

Pendant que Certeau, qui aborde la “rencontre ethnique” au début des 80s (et au retour d’un séjour de plusieurs années en Californie – référence aux chicanos, noirs américains, juifs de Los Angeles, et bien des références théoriques et discursives) : Derrida, sur l’autre à fond d’histoire coloniale et de philosophie de l’étranger ; Abdelmalek Sayad sur la double absence, index d’une recherche nouvelle attentive à ces objets émergents, présences émigrées en France. Et, selon Certeau : y interrogeant la rencontre de l’identité devant, avec, la diversité. Said aussi est sur ce fil, par un autre circuit mais une même histoire générale, mondiale, des modèles épistémologiques “occidentaux, du “progrès” et de l’individuel, selon termes de Certeau ici), avec Orientalism de 1978.

Et S. Hall, avec la mise en forme de ethnicity en anglophonie et dans le contexte UK. “Race” en 1980 (Sociological Theories: Race and Colonialism, ed. UNESCO), “race and ethnicity” en 1986, en reprenant Gramsci pour construire ça, et “Ethnicity: Identity and Difference”, 1989.

(NB : sur la suggestion demandée à Luce Giard au retour en France. Elle avait aussi pointé vers les relations avec l’Allemagne – actualité des “questions .qui. réclamaient un investissement intellectuel et sociales, autrement dit un travail d’élucidation politique à la manière dont ce recueil porte témoignage”, écrit-elle, 25.)

À ce titre, le chapitre 17, “L’actif et le passif des appartenances“, qui s’ouvre sur la notions d’hybridations. Et la diversité comme souffle et opacité chargée d’avenir pour l’économie et la communication dominantes, fondées sur l’individu, atomisé dans sa relation à l’Etat et exposé “au grand jour universel du marché et de l’administration” (247). Très voisin de Hall, dans mêmes dates environ. Sans la référence à Hall ou aux productions britanniques, les références anglophones sont marquées, mais états-uniennes, et des zones de l’ethnologie de la parole, entre autres.

Le plus énigmatique est la source et la motivation de ces poussées : chez Hall clairement New Left et situations nouvelles de migrations postcoloniales en territoire métropole ; chez Certeau, semble être une sensibilité, une prise par, les puissances de l’altérité dans l’histoire de l’Eglise, et des organisations sociales chrétiennes. Faut-il même dire catholiques. Et le rapport ressort entre le catholicisme et le travail intellectuel – dans le cadre (nouveau ? Singulier ? À voir) des “sciences sociales” ou “sciences humaines”, si on se reporte aux textes sur 68. De quoi le nom ?

C’est le début de multiculturalism (introduit dans le texte d’ailleurs par la référence anglophone, J. Smolick, 1981, p. 250). Et, pour Certeau – comme pour d’autres, cette contemporénaéité, à comprendre -, l’introduction de “culturel“, pour nommer ce qui flue et bouge encore sous les cadres dominants de sociétés administrées, centralisées, économiques, communicationnelles. “Communautaire” est présent aussi, nécessairement, c’est système.

 

 

 

Claire Joubert
Claire Joubert

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Claire Joubert (24 mai 2026). Certeau – identité et diversité, culture, dans les 80s. Ce que fait un angliciste. Consulté le 12 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/169mf


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