Ambedkar – coups, traduction
Dans ces derniers jours de travail sur la traduction, je vois que j’aimerais comme retenir tout le savoir flottant, ambiant, que j’ai porté au fil des mois, et qui va se dissiper si vite. Le regard est déjà nostalgique à l’avance, quitter cet univers, qui va me quitter. Ne revenir que par éclats, zones, localités, détails en lignes de profondeur labyrinthique, neuronale (sémantique, simplement, “sémiotique sans sémantique”).
Je pense à ces infra-sémantiques que porte le corps, comme à-dire (et pas l’ineffable, “qui ment”) : sensations, gestes vers car il y a des orientations, des vecteurs, des orients. J’en note certains, les plus saisissables au vol, en recueil de poétique.
Beaucoup à voir avec le coup d’énonciation : faire porter les accents, les distribuer correctement (sémantiquement – c’est donc exactement une affaire de rythme au sens repris pas Meschonnic). Faire tomber où de juste les plis ou fils à plomb de la pensée qui se sculpte dans le cours de l’énonciation. La sûreté des accents chez Ambedkar. Logos produit par, dans, le pathos – pathos tout requis pour le travail distinctif du logos.
Je n’aime pas résoudre ça au terme du rythme, qui a l’air emprunté : le coup est plus juste, martial, historiquement résonnant, hammers de la justice. Et expressions du rapport politique, polémique au sens des enjeux globaux, communs, engageants. Martèlement. Scourge of. Martel.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Claire Joubert (8 juillet 2026). Ambedkar – coups, traduction. Ce que fait un angliciste. Consulté le 20 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16j3i

