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Les mythologies de Barthes : comment critiques ?

Barthes décidément “malaisant”. Je reprends les Mythologies, par suite des circulations dans Certeau sur mai 1968 (et autres, justement) et plus tôt dans Robert Escarpit – et la cogitation plaisante dans laquelle me met, de manière un peu complaisante, le retour sur les années de ma formation, pour tout ce dont elles ont été ignorantes tout en en étant si déterminées.
Les Mythologies m’avaient laissée perplexes, même si amusée et vaguement étonnée, sans trop savoir comment placer, lard ou cochon. Pas loin après l’époque où Le Degré zéro m’avait fait pleurer d’échec, avec le crayon violet, un premier Noël de prépa. J’avais bien noté être interloquée quand Neil (à Cardiff – inspirateur par ailleurs de toutes mes pratiques blog) avait programmé une étude collective commémorative, au titres des cultural studies et de ses références ou expressions françaises. 2007 donc sans doute.

En face de Certeau, le “masses”, le “la vie quotidienne” de Barthes : sound off. Le geste ironique de même. “Mystification“, est plus opératoire du marxisme – mais alors sans l’analyse économique – que constructeur d’une mytho-logie comme anthropologie sémiotique du contemporain.

Et le distant – une distance aristocratique ; le goût qui m’en reste pour le moment. Le non-explicité, la macaronade. Avec qui cette complicité implicité ? L’ironie est savoureuse (“le Savoir c’est le Mal, tous deux ont poussé sur le même arbre”, p. 37), mais elle se condamne aussi, le point de parole du cultivé. Ce que Certeau ne fait pas, aussi exquisement savant soit-il.
Quelle pratique critique donc, exactement ? Car il y a évidemment une invention critique majeure, reconnue et datée à cette parution ; et une proposition critique, inspirée du marxisme et multipliée par Saussure :

On trouvera ici deux déterminations : d’une part une critique idéologique portant sur le langage de la culture dite de masse ; d’autre part un premier démontage sémiologique de ce langage : je venais de lire Saussure et j’en retirai la conviction qu’en traitant les ‘représentations collectives’ comme des systèmes de signes on pouvait espère sortir de la dénonciation poésie et rendre compte en détail de la mystification qui transforme la culture petite-bourgeoise en nature universelle. p. 7

“De masse” est aussi l’objet d’un floutage : masses (comme représentées par le “public” populaire et “simple” – les signes sont pleins – du catch, placé en tête du volume, à une place modélisante) et petit-bourgeois et bourgeois. Et vie quotidienne. Pourquoi ne jamais identifier cette position sociale ? Valeur de cette fluidité ? En laisser la cible flottante ?

Claire Joubert
Claire Joubert

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Claire Joubert (18 juillet 2026). Les mythologies de Barthes : comment critiques ? Ce que fait un angliciste. Consulté le 18 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16lh9


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