Ambedkar dans la langue poétique bouddhiste
Extraordinaire textualité : Ambedkar dans The Buddha and his Dhamma, “How a Bodhisatta became the Buddha”, qui redit réécrit se glisse dans la biographie du Bouddha, comme tradition discursive apologétique & poétique. Une littérature en elle-même. Ambedkar ! Qui redit les attaques de séduction par les femmes du harem créé pour lui par son père, pour le retenter dans le chemin des “plaisirs de la vie” (11) ! Poésie indienne si caractérisée, ressources d’images et de métaphores naturelles gracieuses, longues séries et pourtant variées et fraîches (les paysages, forêts, étangs, arbres et arbustes), goûts de tous les sens (onguents, intoxications de toutes sortes, suavités), appels et rappels de traditions amoureuses, cultures de la sensualité. Charme, carmen.
J’ai été étonnée de même, d’abord, par sa façon de se glisser également, tout directement, dans la littérature des miracles, fables, merveilles d’un bouddhisme déjà avancé, culte déjà fétichisé. Je l’aurais peut-être attendu plutôt dans l’explication rationalisée des principes éthiques, et l’étude du lien entre éthique, religion, et politique. Dès les premiers récits de la conception de l’enfant prince. Quelle entrée dans le discours, douce ! Ambedkar si critique, distinctif, scalpel sériel du discernement, avec les outils de l’analyse juridique, puis philologique. Tendresse.
Il s’est mis dès la préface (le volume est bardé : Préface, Introduction, Prologue. De même, il est articulé avec un soin pédagogique : 8 chapitres et rarement des sections para de plus de deux pages) sous la tonalité de la (?) Buddhacharita :
To disarm all criticism I would like to make it clear that I claim no originality for the book. It is a compilation and assembly plant. The material has been gathered from various books. I would particularly like to mention Ashvaghosa ´s Buddhavita [Buddhacharita], whose poetry no one can excel. In the narrative of certain events I have even borrowed his language. (xxvii)
Repères donc : 2e s., première biographie (“vie complète”, et sans les vies antérieures), en sanskrit, chants perdus mais connus par traductions chinoise et tibétaine, style kavya, prose poétique, épopée. Acts of the Buddha. Dont culture philosophique, et thématiques épiques (rois, guerres, états).
Parmi d’autres échos sporadiques à premier sondage web, nota : Iyothee Thass, a-t-il fait une traduction tamoule, ou une adaptation, dans le long récit Buddharadhu Adhivedham, paru à Madras, 1914 ? Voir thèse notée d’Ayyathurai, Gajendran, Foundations of Anti-caste Consciousness: Pandit Iyothee Thass, Tamil Buddhism, and the Marginalized in South India, Ph.D. Thesis, Columbia University, Department of Anthropology, 2011.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Claire Joubert (14 octobre 2025). Ambedkar dans la langue poétique bouddhiste. Ce que fait un angliciste. Consulté le 12 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14xz2

