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Étiqueté : discours

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Albert O. Hirschman, comédie rhétorique

Encore un joyeux, et scholarly. Le meilleur des énergies intellectuelles. Albert O’ Hirschman sur The Rhetoric of Reaction. Perversity, Futility, Jeopardy, Harvard UP 1991. Ayant passé d’abord par une vie de refuge et émigrance d’Autriche des 30s, et d’économiste, passé par une grosse thématique d’étude des situations d’Amérique latine, pour une complexification importante de la compréhension du développement. Le classique Exit, Voice, and Loyalty (Responses to Decline in Firms, Organizations and States, 1970) est déjà une prise d’indépendance remarquable, par...

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Barthes sur le mythologue : position de la critique, soit du langage

Barthes un sacré tour de force – convaincant par élaboration, musclé, en saisie forte sur son époque (elle m’est infiniment éclairée rééclairée par cette lecture – j’ai toujours besoin de ces lumières, sur le donné de mon propre temps, ici 1957, 8 ans avant ma naissance), intelligent bien sûr, et moins érotisé narcissisé dans l’essai de conclusion : “Le mythe, aujourd’hui”. Une interrogation non pas réflexive par narcissisme mais dépassant ça : reprise post-“sarcastique”, justement (avec la note explicite sur...

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Les mythologies de Barthes : comment critiques ?

Barthes décidément “malaisant”. Je reprends les Mythologies, par suite des circulations dans Certeau sur mai 1968 (et autres, justement) et plus tôt dans Robert Escarpit – et la cogitation plaisante dans laquelle me met, de manière un peu complaisante, le retour sur les années de ma formation, pour tout ce dont elles ont été ignorantes tout en en étant si déterminées. Les Mythologies m’avaient laissée perplexes, même si amusée et vaguement étonnée, sans trop savoir comment placer, lard ou cochon....

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Ambedkar – coups, traduction

Dans ces derniers jours de travail sur la traduction, je vois que j’aimerais comme retenir tout le savoir flottant, ambiant, que j’ai porté au fil des mois, et qui va se dissiper si vite. Le regard est déjà nostalgique à l’avance, quitter cet univers, qui va me quitter. Ne revenir que par éclats, zones, localités, détails en lignes de profondeur labyrinthique, neuronale (sémantique, simplement, “sémiotique sans sémantique”). Je pense à ces infra-sémantiques que porte le corps, comme à-dire (et pas...

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Certeau, mai 68

La Prise de parole – et autres écrits politiques justement : édité par Luce Giard proche et collaboratrice, Seuil en 1994 (signification de cette date ?). La Prise est de mai 1968, puis “Une littérature inquiète : un an après”. Emouvant et impressionnant, de retrouver Certeau ici (après approches au moment où j’étudiais le féminin, et ses fables dans l’histoire mystique). J’attendais cette lecture, cette lecture attendait, depuis longtemps (je vois noté, novembre 2021, et le nom d’Arnaud B) –...

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Durkheim – l’inconscient et l’inconnu

Toujours passionnant de repasser dans Durkheim – époque claire. Ici “Les règles de la méthode sociologique”, dans sa version en revue, 1894. Époque “des débuts”, si je veux reprendre la représentation qu’il pose. Et jusqu’au/x “progrès”. Les nouvelles distinctions tracées. Avec cette férocité d’époque. Il y a de la haute lutte idéologique là-dedans, évidemment. J’ai une tendresse qui est aussi une admiration pour ces logothètes – Saussure le premier, sa férocité, sa radicalité, déracine un âge entier de pensée anthropologique....

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Judith Schlanger : la “métaphore” est horizontale

Je comprends tardivement : la métaphore : parce qu’il s’agit de l’analogie “transdomaniale”, la suggestion, ou influence, qui reprend (“reprise” aussi émerge comme mot clé, opératoire) un schème qui a démontré son succès (par sa simple connaissance en dehors de son propre domaine, précisément), pour motiver l’invention ailleurs, plus loin, jusqu’à des extensions les plus irrationnelles ou hétéroclites. La métaphore, parce que le transfert est couché, horizontal : opération transverse. La métaphore, que je soupçonne toujours de verticalité dans ses...

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Judith Schlanger – le corps culturel de la pensée

Judith Schlanger : retour sur les questions de “démarche”, en conclusion du long et minutieux parcours dans la toile symphonique des Métaphores de l’organisme. Lorsqu’il s’agit d’un discours théorique, la visée cognitive et la formulation qui l’incarne sont ensemble le corps culturel de la parole rationnelle. (Implique alors, pour la proposition complète : que le langage soir “à comprendre comme raisonnement“, et que “la signification d’une notion” ne soit “pas indépendance de son emploi dans l’argumentation“. “Après tout, le discours est recherché...

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Judith Schlanger – justesse critique, sur les œuvres de savoir

Excellence d’analyse rationnelle (c’est un travail de philosophie), et de sens de l’historicité (par les œuvres), toujours Judith Schlanger, une page excellente, satisfaction et excitation parfaites : On pourrait dire que les sociologues organicistes ont confondu les problèmes de fondation et les problèmes de constitution, en croyant que les seconds se résorberaient dans les premiers. Fonder une science est lui assurer son statut rationnel ; constituer une science en instaurant son champ conceptuel pour gagner le contenu de la connaissance...

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Épistémologie de Judith Schlanger

Beautifully done. Et juste pour ce plaisir, je cite : Dans ces problèmes [histoire de l’organisme comme “langage rhétorique” au-delà de “problème scientifique“, en contexte de la philosophie de la nature, et des sciences romantiques], la rigueur est affaire d’adéquation, de justesse et de pertinence. [Ce qui précisément ne veut pas dire option du tact, ineffable de la raison.] Elle ne réside pas dans la précision la plus fine et dans l’abstraction la plus limpide … Même en ce point...

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Judith Schlanger – grâce et philologie du savoir

Le gracieux des textes de Judith Schlanger, immédiatement. J’ouvre le premier, l’un des premiers, 1971 : ce doit être le premier livre après la thèse sur Schelling, 1966 ? Les Métaphores de l’organisme. Et – ou bien est-ce la même chose ? – le propos du savoir, et ses physiques fines, originalement sues. Et plus encore : la sensibilité, et le choix d’approche, par “les savoirs discursifs“, et la culturalité de la pensée. Faite de “conventions” – les premières pages...

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Parcours des philosophies – Ambedkar pour Navayana

Il fallait donc bien tout le parcours. Eltschinger et Ratié en particulier. Je retrouve les stades clés, cibles d’Ambedkar, soigneusement vulgarisés les premières bases posées pour BHD : consultation du roi (Bimbisara, de Maghada) et les 3 valeurs de l’homme (“religious merit, wealth and pleasure”, p. 33), l’ascétisme et ses formes et degrés (Samadhi marga, autour de p. 42 ; “Trial of ascetism”, section p. 45), “Study of Sankhya” – philo – puis intervient l’Eveil, Samma Bodhi, becoming a Buddha. Une...

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Poétique et poétique – Ambedkar sur la Vie de Bouddha

Je ne m’attendais certainement pas à cette textualité de kavya, si tendre, lumineuse d’imaginaire, gemmes de comparaisons, si caractérisée selon la poésie sanskrite, poésie de la nature, des émotions, des grandeurs et noblesses naturelles et morales, des amours. Poème – le travail radical d’Amdedkar toujours, reforgeant les textes, préparant les corpus pour l’enseignement populaire et la réforme – mais poétique. Drôle de croisement. Et quelle affiliation … Elle resitue les choses, j’ai donc des ajustements de lecture assez massifs à...

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Ambedkar dans la langue poétique bouddhiste

Extraordinaire textualité : Ambedkar dans The Buddha and his Dhamma, “How a Bodhisatta became the Buddha”, qui redit réécrit se glisse dans la biographie du Bouddha, comme tradition discursive apologétique & poétique. Une littérature en elle-même. Ambedkar ! Qui redit les attaques de séduction par les femmes du harem créé pour lui par son père, pour le retenter dans le chemin des “plaisirs de la vie” (11) ! Poésie indienne si caractérisée, ressources d’images et de métaphores naturelles gracieuses, longues...

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Philosophie comparée – l’Inde

Philosophie comparée : demande certainement une immense synthèse. Pourtant la lecture attentive d’Eltschinger et Ratié sur la philosophie indienne, avec notes pour inscrire chaque séquence dans le corps, dessine de vraies compréhensions générales : il s’agit de théorisation de la connaissance, du discernement, classification par exemple, et linguistique (grammaire), pour assurer le sens et les opérations du sens. Commentaire, comme pratique développée. Et nyaya : réflexivité sur le débat. Épistémologie, éristique, dialectique & rhétorique. Me confirme dans les priorités d’interprétation...